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Notre vision du marché coton - 10 décembre 2015

Après avoir vu leur consommation dopée par les importations Chinoises ces derniers mois, les filateurs sont aujourd’hui forcés de réduire leur cadence de production pour limiter l’accumulation de stocks.

Comment expliquer un tel revirement de situation ?

Premier coup dur, le changement du mode de soutien des prix en Chine. Depuis la saison 2014/15, les subventions à la production remplacent les achats par l’Etat à un prix garanti. Cela pousse les prix du coton domestique à la baisse et commence à réduire l’écart de compétitivité entre les filés importés et ceux produits localement.

La dévaluation coup sur coup du Yuan en août achève de rogner ce différentiel, et après plusieurs années de croissance effrénée, les importations de filé s’effondrent en automne. Immédiatement, les stocks s’accumulent chez les filateurs Indiens, Pakistanais et Vietnamiens, principaux fournisseurs de l’Empire du Milieu.

Pour combien de temps ? Difficile à prévoir.

Entre une production locale en baisse de 20%, et d’importants problèmes de qualité au niveau de la maturité des fibres, la récolte locale ne suffira pas à approvisionner les filateurs Chinois.

Une aubaine pour l’Etat chinois qui cherche à liquider ses stocks ? Pas si sûr, alors que les filateurs chinois boudent ces cotons stockés depuis plusieurs années et dont la qualité serait incertaine…

Dans ce contexte, la Chine devrait donc continuer d’importer du filé en 2016. Et tout particulièrement des filés garantis « sans contamination », produits à partir de cotons américains et australiens.

Dans une telle perspective, les prix devraient rester soutenus dès le mois de Mars 2016, après les célébrations du nouvel an Lunaire en Chine.