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Notre vision du marché coton - vendredi 9 mars 2018

Cette semaine peu d’activité rapportée sur le marché physique. La volatilité importante sur le marché à terme a conforté les filateurs dans leurs positions d’attente. Avec un plus haut enregistré à 86.60 usc/lb, on parle d’une variation de plus de 400 points. Les acteurs du marché s’interrogent sur les raisons de cette poussée des prix. Entre une potentielle prise de profit des fonds spéculatifs, les mesures protectionnistes annoncées par Donald Trump ou les craintes d’une tension sur l’approvisionnement en hauts grades pour cette récolte. La question reste entière.

Sur le marché physique, on notera la compétitivité entretenue de la part des cotons indiens. En effet,   le prix du Shankar-6 continue de focaliser tous les intérêts grâce à un prix en dessous des autres origines. On remarquera une forte demande provenant du Bangladesh, du Pakistan et  du Vietnam. Comment expliquer une telle compétitivité avec un marché à terme en pleine ébullition ? Il s’avère que malgré la hausse du prix de l’ICE, les prix indiens soient restés stables, offrant une base intéressante. D’un autre côté, le roupie se déprécie depuis janvier 2018, ce qui  booste la compétitivité des exportations indiennes.

Sur le marché à terme, le dernier rapport CFTC rapporte que les fonds spéculatifs renforcent leurs positions haussières. Ce retour semble avoir été déclenché par les prévisions d’une baisse importante des stocks au cours de la prochaine récolte. On note également une décrue dans la quantité de contrats on call restant à fixer sur l’échéance mai 2018. Cela devrait probablement aider à équilibrer la position haussière des fonds. Bien que l’absence actuelle de direction de ce début de semaine ait été partiellement gommée grâce à des ventes US importantes, il reste difficile d’émettre des certitudes à court terme.

Au Brésil, les prévisions pour les prochaines campagnes annoncent le chiffre optimiste de 1.9 millions de tonnes et donc des quantités allouées à l’exportation plus importantes. Actuellement, on ne rapporte que très peu de ventes à l’export due à des prix domestiques plus intéressant.
Avec l’augmentation des quantités à l’exportation pour la campagne 2019, les bases devraient probablement se montrer plus intéressantes pour les négociants.

Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié face au dollar pour revenir à un niveau proche de 1.2300.  L’attention des cambistes s’est concentrée sur l’actualité outre-Atlantique. Le principal conseiller économique à la Maison-Blanche a annoncé sa démission suite aux déclarations de Donald Trump concernant la prochaine taxation des importations d’acier et d’aluminium. Les investisseurs sont dans l’attente de ripostes internationales face à ces nouvelles mesures. De l’autre côté de l’Atlantique, la BCE a émis le premier signe de la fin de la politique de soutien de l’économie. En effet, le programme d’achat d’actifs en place ne prévoit plus d’accroître son volume si nécessaire. Cela constitue un changement radical de communication de la part de Mario Draghi.

La forte hausse du prix de l’ICE paralyse actuellement le marché physique et incite les filateurs à ne s’orienter que vers les cotons les moins chers du marché. Avec la baisse déjà bien amorcée des arrivées de coton indien, et les problèmes de transport rencontrés aux USA, la disponibilité de ces cotons bon marché devrait diminuer. Cependant, la tension physique pourrait perdre de son importance avec le début des ventes de stocks stratégiques en Chine. Cela devrait  également faire diminuer le rythme des ventes US à l’exportation. Dans la situation actuelle du marché, nous pensons que le prix de l’échéance mai 2018 de l’ICE pourrait s’orienter à court terme dans une fourchette entre 82 et 86 usc/lb.